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Confinde

Figures composites et bestiaire fantastique dans les miniatures indiennes (Agenda)

aminaokada-figurescompositesConférence, avec projection, du lundi 20 novembre 2017, au Centre André Malraux, Paris.

Conférencière : Amina Taha-Hussein Okada, conservateur général, musée national des arts asiatiques-Guimet

Formées d’un enchevêtrement de créatures réelles ou fantastiques, ingénieusement imbriquées les unes dans les autres, les figures composites témoignent de l’audacieuse fantaisie et de l’éblouissante virtuosité des peintres indiens.
L’origine de ces créations uniques en leur genre demeure incertaine, seule la mention “peinture magique” parfois apposée sur quelques pages tardives vient rappeler l’impénétrable mystère qui enveloppe ces miniatures énigmatiques.

Échos du Mahâbhârata : la parole des silencés (Agenda)

karthika_nairConférence du 16 octobre 2017, à 18 h 15, au centre André Malraux, Paris
Conférencières :
Karthika Naïr, écrivain, poète, productrice de danse
Laetiita Zecchini, chargée de recherche au CNRS

Karthika Naïr et Laetitia Zecchini revisitent le grand poème épique, une des œuvres fondatrices de l’Asie du Sud, à travers le regard de dix-neuf de ses personnages subalternes, en particulier féminins. Ici, ces personnages, ces voix mineures – celles de soldats anonymes, de guerriers rejetés pour leur caste ‘inférieure’, de princesses tribales ou de servantes discrètes – s’interrogent sur des amorces diverses et souterraines du conflit et de la guerre. Ce sont les témoignages de ceux – et surtout celles – qui voient d’autres conséquences que la victoire et la défaite dans les actes de violence légitimée,  ceux qui sont quotidiennement confrontés au prix à payer pour ces victoires.

Par le témoignage de ces voix marginales du Mahâbhârata, Karthika Naïr, dans son ouvrage Until the Lions : Echoes from the Mahabharata, ancre ses personnages dans l’actualité.
Until the Lions
a reçu le prix prestigieux Tata Literature Live Award pour Livre de l’année 2015 (fiction) et a été finaliste pour le Prix Attagalatta du Livre de l’année 2016 en Inde. Depuis, le chorégraphe bangladais-britannique, Akram Khan, a adapté une des voix du livre dans une création chorégraphique, aussi intitulée Until the Lions, dont la première mondiale a eu lieu en janvier 2016 au Roundhouse à Londres ; depuis, elle tourne dans le monde entier. La comédienne Françoise Gillard l’a sélectionné pour une lecture (quelques voix traduites en français par Dominique Vitalyos et Laetitia Zecchini) à la Comédie-Française dans le cadre des « Greniers des poètes » en octobre 2016.

L’expérience du réel (Synthèses)

À l’occasion de la parution de l’ouvrage, Le miroir de la Conscience, du reflet à la lumière : chemin de dévoilement selon Abhinavagupta, Colette Poggi (Les Deux Océans, 2016),
conférence de Colette Poggi, indianiste, sanskritiste
27 février 2017, Centre André Malraux, Paris.

L’expérience du réel

Abhinavagupta (Xe-XIe siècles), philosophe mystique et poète, fut une figure essentielle du shivaïsme non-dualiste du Cachemire et, plus largement, du Tantra indien. Il propose une vision stimulante du réel comme miroir infini de lumière-énergie, fait de vibration et de conscience. Le shivaïsme du Cachemire non dualiste, élaboré par un ensemble de courants et d’écoles, est aujourd’hui au premier plan de la recherche des études indianistes et philosophiques et scientifiques.

Ces écoles mettent en évidence le rôle du sujet à partir duquel cette observation se fait, plutôt que l’objet à observer. Elles s’interrogent sur le substrat qui permet la vision de l’objet et reconnaissent le rôle fondamental de la conscience : le substrat est pure conscience. Sans conscience pas d’expérience du réel. Suite…

Hanuman et le Râmâyana (Agenda)

mjguezennec-hanumanConférence, avec projection, du lundi 26 juin, à 18 h. 15, au Centre André Malraux, Paris

Conférencière : Mireille-Joséphine Guézennec, écrivain , voyageuse-photographe

Moins familier que Ganesha - dieu à tête d’Éléphant- Hanuman, le dieu-singe fils du dieu Vent (Vâyu) possède de nombreux temples et sanctuaires dans le nord et le sud de l’Inde, tant il est vénéré. Mais c’est au cœur de l’Épopée du Râmâyana que nous le découvrirons quand il mit sa puissance, son courage et ses qualités de cœur au service du prince Râma exilé. Car Hanuman est le modèle par excellence de la dévotion (bhakti) dont Mireille-Joséphine Guézennec présentera, au fil de l’œuvre magistrale, la force des signes et la puissance des symboles. MJG

Principales publications de Mireille-Joséphine Guézennec :

  • Bénarès - Kâshî - Vârânasî : voyage initiatique dans la capitale spirituelle de l’Inde, L’àpart Éditions, 2013
  • Inde singulière et plurielle, L’àpart Éditions, 2011
  • Gange, aux sources du fleuve éternel, Éditions Cheminements, 2005. Traduit en anglais, en Inde, sous le titre Ganga in search of the Sources, Rupa and Co-Delhi, 2007.
    http://mj.guezennec.free.fr/

L’Inde dans un miroir (Synthèses)

Synthèse de la conférence donnée par Roland et Sabrina Michaud, voyageurs photographes, le lundi 13 avril 2017 au Centre André Malraux
à l’occasion de la parution de L’Inde dans un miroir, éditions Hozhoni, 2016

Une vocation de voyageur

Roland et Sabrina Michaud résument un parcours exceptionnel, soixante années de voyages accomplis dans le style des voyageurs du XIXe siècle. Pour Roland, un début à bicyclette depuis l’Auvergne natale jusqu’en Laponie où il rend visite à ses correspondants hollandais et suédois, en récompense de sa réussite au baccalauréat. Quelques années plus tard Roland rencontre Sabrina pendant son service militaire au Maroc. Roland et Sabrina désirent vivre leur rêve, l’amour des voyages. Ils décident alors d’exercer le métier de photographe. Leur première expédition commence par l’Éthiopie et se fait en 2CV. Ils arrivent en Éthiopie avec un budget de 6 mois qui devra tenir 17 mois, car «  pour faire quelque chose de bien il faut prendre son temps » affirme Roland.Vient le temps du grand voyage fondateur, la traversée de l’Asie continentale, de Paris à Singapour, avec un petit 4×4 autrichien. Le budget prévu pour un an s’étendra cette fois à plus de 4 ans grâce à l’hospitalité des habitants.Ils parcourent l’Afghanistan pendant 14 ans, inspirés par cette phrase d’André Malraux : « Et redescendant du Pamir où les chameaux perdus appellent à travers les nuages. » (Les noyers de l’Altenbourg).
Comment exprimer cette vision de l’Afghanistan par la photographie ? La réponse se trouve dans La dernière caravane (ouvrage à paraître) qui raconte l’odyssée d’une caravane, aujourd’hui disparue, qui traversait le Palmyre afghan et à laquelle Roland et Sabrina ont participé dans des circonstances exceptionnelles.

L’Inde et le thème des miroirs

En Inde, le photographe, témoin de la beauté, n’a que l’embarras du choix. Comment révéler la beauté d’une Inde intemporelle dont le continuel renouvellement nous interpelle ? Il faut faire des choix draconiens et trouver un fil conducteur. Suite…

Le trésor du monde: gemmes et joyaux de l’Inde (Agenda)

amina_okada_tresors_du_mondeConférence, avec projection, du lundi 22 mai 2017, à 18 h 15, au centre André Malraux, Paris

Conférencière : Amina Taha-Hussein Okada, conservateur général, musée national des arts asiatiques-Guimet

Cette conférence est en lien avec l’exposition “Des Grands Moghols aux Maharajahs”, Joyaux de la collection Al Thani qui se tient actuellement au Grand-Palais, et dont Amina Taha-Hussein Okada est commissaire avec Amin Jaffer, conservateur de la collection Al Thani.

Ishwarchandra Vidyasagar (1820-1891), de la tradition au combat pour les femmes (Synthèses)

Conférence donnée par France Bhattacharya, professeur émérite des universités, Inalco,
le lundi 7 novembre 2016 au Centre André Malraux, Paris

Vidyasagar (1820-1891) - La tradition au service du combat pour les femmes

Les biographies de Vidyasagar sont nombreuses. Écrites dès après sa mort et tout au long du XXe siècle, certaines louent son action en faveur des femmes, d’autres, au contraire, la blâment, mais toutes le félicitent d’avoir développé l’enseignement. Deux sont particulièrement intéressantes : son autobiographie, et la biographie écrite par son frère cadet. L’autobiographie est inachevée : elle ne comporte que quelques pages. Vidyasagar arrêta son récit quand il était âgé de 8 ans seulement, et il en consacra l’essentiel à parler de ses grands-parents, personnages hors du commun, et de son père.

Une famille traditionnelle du Bengale
Ishvarchandra Vidyasagar appartient à une famille de brahmanes pauvres, mais lettrés, du Bengale occidental. Son grand-père paternel, s’étant querellé avec ses frères après la mort de leurs parents, revêtit le costume ocre des renonçants et partit en pèlerinage, laissant sa femme, ses deux fils et ses quatre filles au foyer qu’il quittait. En butte aux tracasseries de ses belles-sœurs, Durga, la grand-mère paternelle de Vidyasagar, abandonnée par son mari pèlerin, revint au foyer de ses parents à Birsingha, village du district actuel de Midnapur (Medinipur), au sud-ouest du Bengale. Son père lui fit construire une hutte couverte de feuillage pour elle et ses enfants. Durga se procura un rouet et vécut très chichement de la vente du fil de coton qu’elle filait. Vidyasagar admirait beaucoup la force de caractère de cette grand-mère.

Un incident arrivé à son père déterminant pour son combat
Lorsque le fils aîné, nommé Thakurdas, père de Vidyasagar, eut environ 14 ans, il partit pour Calcutta afin d’y chercher un emploi. Auparavant, il avait étudié, à l’école du village, le bengali, le calcul et un peu de comptabilité. A Calcutta, il trouva asile chez un parent assez aisé qui lui fit donner des leçons d’anglais par un employé bengali du port. Finalement, Thakurdas alla vivre chez un parent de son professeur d’anglais. Cet homme rentrait très tard le soir de son travail en rapportant quelques provisions, et Thakurdas devait attendre son retour pour pouvoir cuisiner. Le logeur n’étant pas brahmane, l’adolescent ne pouvait pas manger sa cuisine. A jeun toute la journée, il avait très faim. Un jour, affamé, il marchait dans la ville. Il arriva devant une boutique où une femme d’un certain âge vendait du riz soufflé, muḍki. Il lui demanda un peu d’eau. La marchande lui en versa et, voyant son état physique, lui donna aussi une poignée de paddy soufflé, muḍki. Thakurdas, ému, en eut les larmes aux yeux. La femme lui demanda : « Petit, pourquoi pleures-tu ? » Il répondit : « Mère, je n’ai rien mangé de toute la journée. » La femme, compatissante, lui offrit une collation de riz soufflé avec du lait caillé. Elle lui dit de revenir la trouver les jours où il n’aurait pas eu à manger. Dans son autobiographie, Vidyasagar écrit qu’il tira de cet incident, arrivé à son père, un immense amour et un grand respect pour les femmes. Suite…